Attention aux coups de chaud de l'été
Même si le début de l'été 2024 se montre assez frais, la Normandie est au fil des années de moins en moins à l'abri des canicules. Avec le changement climatique, les élevages normands doivent désormais se protéger contre les coups de chaud et leurs effets négatifs.
Même si le début de l'été 2024 se montre assez frais, la Normandie est au fil des années de moins en moins à l'abri des canicules. Avec le changement climatique, les élevages normands doivent désormais se protéger contre les coups de chaud et leurs effets négatifs.








Les relevés météorologiques le montrent bien, les températures montent. Le nombre de jours où la température dépasse 25 °C à Breteuil, près de Verneuil-sur-Avre (sud-ouest de l'Eure), est passé d'une moyenne de 20 jours par an dans les années 1960 à plus de 50 jours lors des dix dernières années. De même à Caen (Calvados), les jours chauds ont été multipliés par trois, passant de 10 à 30 jours. Les activités d'élevage sont impactées par ces coups de chaud, il faut donc adapter les bâtiments et les pratiques pour limiter les effets négatifs.
De nombreux effets négatifs en élevage
La vache laitière est un des animaux d'élevage les plus sensibles à l'augmentation de la température. en effet pour elle les conditions "thermo-neutres" sont très basses, elles se situent entre 2 °C et 15 °C. Elle peut ressentir un stress d'adaptation dès que la température dépasse 21-22 °C, d'autant plus que le taux d'humidité de l'air est élevé. Le stress thermique a de nombreux effets négatifs : diminution de la production laitière, de la qualité du lait, impacts sur la reproduction et sur la santé (mamelle, boiteries...). Les vaches en production laitière sont les plus affectées, néanmoins les autres bovins subissent aussi des effets négatifs.
En volaille, le stress thermique apparaît à partir de 23-25 °C, la respiration s'accélère alors pour évacuer la chaleur : le rythme respiratoire peut monter jusqu'à 200 inspirations par minute au lieu de 25. Le stress thermique engendre des baisses de performance et peut conduire à la mortalité qui touche majoritairement les poulets de chair, plus fragiles.
En élevage porcin, la truie reproductrice entre en risque modéré de stress thermique dès 22 °C à 50 % d'humidité, alors que le porc à l'engraissement sera impacté à partir de 28 °C. Les risques sont plus élevés sur paille que sur caillebotis, et lorsque la densité est forte. Les conséquences sont la baisse d'appétit, donc de croissance, une diminution de la fertilité, du poids des porcelets au sevrage, de la prolificité...
La plupart des autres animaux d'élevage souffrent aussi des conditions de température et d'humidité élevées. Des travaux sont en cours sur les ovins et caprins pour préciser les seuils de stress et les moyens de lutte.•
Consultez ClimatBat pour anticiper et mieux gérer le stress thermique en élevage
Sur le site web ClimatBat - https://climatbat.chambres-agriculture.fr/ - vous trouverez des conseils pratiques en bovins lait, porcs et volailles de chair pour anticiper la saison chaude, des préconisations sur la conduite à tenir pendant les périodes à risques et des informations sur les conséquences du stress thermique sur les animaux.
L'appli ClimatBat alerte en fonction de la localisation de l'élevage et des prévisions météo locales, dans les jours précédant les pics de chaleur. Elle est gratuite, l'installation se fait à partir du site web : https://climatbat.chambres-agriculture.fr/application-climatbat/decouvrir-lapplication