La valeur ajoutée ne se partage pas
« La valeur ajoutée ne se partage pas mais elle se négocie ». C'est un des messages qu'a retenu Thierry Hulmer, président de Littoral Normand, qui a invité lors de son assemblée générale Olivier Dauvers, le Monsieur consommation de RTL et M6 notamment.
« La valeur ajoutée ne se partage pas mais elle se négocie ». C'est un des messages qu'a retenu Thierry Hulmer, président de Littoral Normand, qui a invité lors de son assemblée générale Olivier Dauvers, le Monsieur consommation de RTL et M6 notamment.

« La grande conso évolue, quels impacts sur nos filières ? » Telle était la question posée à Olivier Dauvers à l'occasion de l'assemblée générale de Littoral Normand qui s'est tenu jeudi dernier à Caen (14). Ingénieur en agriculture, ex-journaliste à PLM (Production Laitière Moderne) et administrateur de la marque "C'est qui le patron ?!", le spécialiste de la grande distribution qui officie notamment sur RTL et M6 n'a pas cherché à séduire son auditoire mais plutôt à le bousculer. Premier constat : « le gâteau ne grossit plus. Il n'y a plus de croissance mécanique de la consommation. Pour la première fois depuis 80 ans, il y a en France plus de décès que de naissances. Il y a moins de bouches à nourrir et le vieux consomme moins que le jeune. On va donc vendre moins de calories ». Secondement : l'avènement du e-commerce (150 Md€ de CA). « Les grands distributeurs alimentaires perdent la bataille du non-alimentaire. Ils vont donc remettre du poids sur l'alimentaire ». Néanmoins, « l'intérêt du commerçant et le vôtre sont parfaitement alignés », et d'illustrer « Leclerc préfère vendre du "C'est qui le patron ?!" plutôt que de l'€co+. L'intérêt de chacun est donc de vendre la calorie la plus chère possible ».
Martine m'a tué
Et s'il est vrai que 30 % des consommateurs sont prêts à dépenser plus pour une brique de lait, ils sont tout autant à n'avoir d'autre choix que le discount. La baisse des rendements commerciaux conduit à la fragilisation des modèles économiques et engendre une guerre des prix pendant que « l'alimentaire devient une variable d'ajustement négative ». Pour Olivier Dauvers, « le consommateur est le problème et la solution ». Son pouvoir d'achat ne baisse pas sur le plan macroéconomique mais il est frustré dans « son vouloir d'achat ». Comment alors résoudre l'équation ? « En donnant le plus de valeur possible à chaque euro dépensé » avec en guise de morale, « c'est à l'amont de créer de la valeur. Une valeur ajoutée qui ne se partage pas mais se négocie ». Autre message délivré et pas des plus aisés à accepter : « la Ferme France n'est pas assez compétitive. Martine (NDLR : Martine à la ferme) m'a tué ».•