Visite de deux fermes bénéficiaires des aides aux petits investissements
Le Département de Seine-Maritime et la Chambre d’agriculture visitent régulièrement les entreprises agricoles qui ont bénéficié de l’aide financière aux petits investissements.
Le Département de Seine-Maritime et la Chambre d’agriculture visitent régulièrement les entreprises agricoles qui ont bénéficié de l’aide financière aux petits investissements.






Les Viviers de Vatierville, première pisciculture à bénéficier des aides aux petits investissements
Depuis peu la pisciculture bénéficie de ces aides. Ce qui a permis à William Kot, installé à Vatierville, d’investir dans une ligne d’éviscération pour la préparation de ses truites (40 % du coût d’achat, soit 3 248 euros d’aides).
La famille Kot élève des truites depuis trois générations sur ce site de cinq hectares. Un second site de production, situé à Clais, a permis d’augmenter la surface de production. Au niveau national, cela reste cependant une petite pisciculture qui reste viable grâce à l’activité de transformation.
Chaque année environ 160 tonnes de poissons passent par les bassins alimentés par l’eau de l’Eaulne. 75 % de la production est transformée (pavé frais sous vide, filets fumés à froid et à chaud, terrines de rillettes, soupe de poisson, œufs de poisson) et vendue en direct à des poissonniers, épiceries et surtout dans les magasins du Producteur Local (30 % des volumes).
La nouvelle ligne d’éviscération permet aujourd’hui d’améliorer grandement les conditions de travail : « Durant certaines périodes, nous avons entre 200 et 400 poissons par jour à vider et découper, des truites qui font entre 3 et 4 kilos. Nous avons fait fabriquer cette machine qui nous permet de travailler moins péniblement tout en augmentant notre cadence, dans des conditions sanitaires améliorées. J’ai constaté moins de problèmes musculaires liés aux gestes répétitifs », explique William Kot qui a beaucoup apprécié la grande simplicité du dossier de demande d’aide.
Le jeune homme a d’autres projets pour faciliter les conditions de surveillance des bassins : « dans le contexte de changement climatique, les températures et le débit de la rivière évoluent. J’envisage de compléter mon installation électrique afin de piloter les aérateurs et fournir ainsi l’oxygène nécessaire aux poissons. Cela apportera un confort de travail mais c’est également une condition indispensable pour améliorer le bien-être des poissons et pérenniser mon outil de travail. Avec cette nouvelle installation, je pense diminuer ma consommation d’énergie d’environ 30 %. Je vais également repenser le circuit de l’eau pour une meilleure circulation dans les bassins et une diminution de l’impact de la hausse des températures sur le site ».
« Aujourd’hui les quotas de pêche sont catastrophiques. En raison des problématiques de ressources marines, il y a une volonté politique de développer les élevages d’eau douce. L’aquaculture devrait avoir de beaux jours devant elle », a conclu Cécile Sineau Patry, vice-présidente du Département en charge de la transition écologique, de la ruralité, de l’agriculture et de l’alimentation.
Chez Emmanuel Roch, des investissements pour garder la valeur ajoutée sur l’exploitation
Chez Emmanuel Roch, l’investissement réalisé a pour objectif de valoriser les productions de l’exploitation : le jeune exploitant a bénéficié en 2020 d’un financement à hauteur de 40 % du coût d’achat pour l’acquisition d’une ensacheuse-peseuse afin de commercialiser la farine issue de ses blés et ses lentilles.
En 2022, il a à nouveau bénéficié d’une aide du Département pour investir dans une presse à huile (colza, chanvre ou tournesol) afin de poursuivre ses objectifs de valorisation de ses productions.
Le jeune homme s’est installé en 2011 avec ses parents, sur la ferme familiale à Sainte-Beuve-en-Rivière. En 2019, à la demande de Danone, l’exploitation de polyculture-élevage laitier passe en agriculture biologique. Les trois quarts des surfaces sont dédiées à l’élevage et l’alimentation des vaches est composée principalement de foin séché en grange.
« Aujourd’hui, il y a un problème de débouchés sur les filières bio. Je souhaite donc valoriser mes productions végétales en développant de nouveaux projets de transformation et de vente directe sous la marque “Aux Moulins de l’Eaulne” », explique Emmanuel Roch qui n’exclut pas une déconversion partielle ou totale selon le contexte des filières biologiques demain.
« Les débouchés restent difficiles, la conjoncture est peu favorable au bio », ajoute le jeune homme qui a malgré tout la volonté de faire évoluer son système. Il projette d’ailleurs de développer 20 hectares d’agroforesterie et s’implique dans une réflexion pour la valorisation du carbone séquestré par les haies de la ferme.•