Tereos : ouverture d'un marché de 150 000 tonnes de dextrose par an
Le groupe coopératif a conclu le 11 avril un partenariat avec l'industriel belge Futerro qui doit ouvrir son usine de bioplastique PLA en 2027 à Saint-Jean-de-Folleville.
Le groupe coopératif a conclu le 11 avril un partenariat avec l'industriel belge Futerro qui doit ouvrir son usine de bioplastique PLA en 2027 à Saint-Jean-de-Folleville.






Leurs destins sont désormais liés. Le 11 avril dernier, la coopérative Tereos a conclu un accord d'approvisionnement avec l'industriel belge Futerro. Ce sont ainsi 150 000 tonnes de dextrose produit à base de blé français dans l'amidonnerie de Lillebonne, qui seront envoyées, par un pipeline d'un kilomètre et demi, dans l'usine Futerro annoncée pour 2027 à Saint-Jean-de-Folleville. « Nous sommes fiers de cet accord qui reflète bien la vision qui anime notre coopérative », a déclaré Gérard Clay, président du groupe Tereos.
75 000 tonnes de bioplastique
La signature de ce partenariat a quelque chose d'historique. D'abord, parce qu'il ouvre la porte à la création d'une plateforme bio-industrielle unique en Europe qui permettra de produire des biomatériaux innovants. Fort de cet approvisionnement de proximité (qui a lourdement pesé dans son choix d'implantation sur l'axe Seine), l'industriel belge va ainsi investir 500 millions d'euros (M€) dans une usine de production et de recyclage de PLA (acide polylactique). Objectif : produire 75 000 tonnes de ce bioplastique recyclable à l'infini, dont le marché européen est aujourd'hui évalué à 80 000 tonnes (dont 40 000 tonnes pour l'emballage alimentaire).
Historique ensuite, parce qu'il a eu lieu le jour même où le géant du pétrole Exxon Mobil annonçait la cessation de ses activités pétrochimiques sur le site de Port-Jérôme-sur-Seine. « En chimie, on ne peut pas se passer du carbone. Mais il faut quitter au plus vite le carbone fossile », a défendu Frédéric Van Gansberghe, président de Futerro. L'arrivée de l'industriel belge apporte donc une pointe de réconfort pour les salariés et sous-traitants d'Exxon, ainsi que pour les élus du territoire. En effet, Futerro annonce la création de 250 emplois directs et près de 900 indirects. Chez Tereos, les chiffres sont moins importants. « Nous prévoyons d'ouvrir 10 à 20 postes à l'horizon 2028 », a estimé Olivier Leducq, directeur général de l'usine Tereos de Lillebonne, précisant que la masse salariale serait ajustée au fur et à mesure.
Environ 300 000 tonnes de blé normand
Le groupe coopératif, troisième acteur européen sur les produits amylacés, annonce tout de même 30 M€ d'investissements au sein de son usine seinomarine pour augmenter ses capacités de production et ainsi répondre aux attentes de son nouveau partenaire. Le site de Lillebonne transforme aujourd'hui 800 000 tonnes de blé par an. Pour fournir les 150 000 tonnes de dextrose nécessaires à Futerro, ce sont environ 300 000 tonnes de blé supplémentaires qui seront transformées par Tereos.
« Diversifier les débouchés et les rendre plus durables sont au cœur de notre stratégie, a insisté Olivier Leducq. Le blé qui sera destiné à Futerro sera en totalité livré depuis la Normandie et la région parisienne. Et pour 25 % à 30 %, il sera acheminé par voie d'eau. » Et s'il n'y a pas d'engagement ferme sur les prix, le directeur de l'usine de Lillebonne assure qu'il devrait être valorisé au-dessus du cours mondial... Ces tonnes de blé ne seront, en outre, pas totalement écartées du marché alimentaire puisque les coproduits de l'amidonnerie (fibres et protéines) sont utilisés par l'industrie de l'alimentation humaine et animale.•