Météo : des récoltes à l’arrêt
Pluies incessantes et températures en berne... Force est de constater que les années passent
et ne se ressemblent pas et que les récoltes en cette fin juillet-début août pâtissent des conditions météo.
Tour d’horizon de l’état de la plaine et des récoltes.
Pluies incessantes et températures en berne... Force est de constater que les années passent
et ne se ressemblent pas et que les récoltes en cette fin juillet-début août pâtissent des conditions météo.
Tour d’horizon de l’état de la plaine et des récoltes.

Tous les colzas ne sont pas encore rentrés mais on peut déjà dire que cela sera une petite année. « Au moins 60 % des surfaces en colza sont récoltées à ce jour (au 1er août, NDLR) en Seine-Maritime. Les rendements connaissent de gros écarts, allant de 45 quintaux par hectare sur des sols bien amendés à 30 quintaux par hectare en terres séchantes. Souvent les humidités des lots récoltés sont supérieures à la norme », explique Pierre Gardembas, responsable de la collecte chez Lepicard Agriculture.
Sébastien Salliot, agent relation culture chez Soufflet Agriculture sur la zone pays de Caux, précise que les colzas sont mûrs mais qu’aujourd’hui les variétés sont tolérantes à l’égrainage. Il n’y aura pas de perte de grains pour ce qui n’est pas encore récolté.
Question sur l’état sanitaire des blés
Pour le blé, tout est complètement à l’arrêt. Avant les pluies du week-end dernier, entre 25 et 30 % des surfaces étaient récoltées et, à ce jour, rien n’a évolué.
« Ce qui a été récolté était juste mûr. Les rendements devraient se situer dans la moyenne des cinq ans, mais c’est compliqué de donner des chiffres alors que la moisson n’est pas terminée. Les poids spécifiques varient entre 74 et 78, pas trop au-dessus », précise Sébastien Salliot.
Quelques parcelles de blé commencent à verser et les organismes de collecte s’attendent à une dégradation des qualités. Les pluies permanentes vont fortement faire baisser les poids spécifiques qui étaient tout juste dans les normes pour les blés rentrés la semaine dernière. « Cela sera compliqué de sauver les parcelles déjà versées pour un débouché meunier. Personne ne sait pendant combien de jours la pluie va encore tomber mais on se pose beaucoup de questions sur l’état sanitaire des blés », ajoute Pierre Gardembas.
Veiller à un rouissage homogène
Pour le lin, François Anger, directeur de la coopérative de teillage de lin du Vert Galant explique que la situation est également très compliquée. « Les arrachages sont pour ainsi dire terminés sur les 5 000 hectares de notre zone de collecte. Les rendements en paille seront faibles et la longueur des fibres très hétérogènes entre les parcelles mais également au sein des parcelles ».
95 % des parcelles sont arrachées, en majorité dans de bonnes conditions et mûres. Les lins semés en mai (environ 30 % des surfaces) ont été arrachés quant à eux entre les gouttes. « Les lins semés en mai ne sont pas encore arrivés à maturité mais les liniculteurs ont forcé car le temps avance. Malgré la légèreté des pailles, nous les encourageons à retourner leur lin autant que nécessaire pour un rouissage homogène. Depuis le début, tout a été contre le lin cette année : semis tardifs à cause de l’humidité puis sécheresse qui a arrêté la pousse », conclut le directeur du Vert Galant qui s’inquiète également de la détérioration des graines pour la production des semences 2024. •