Lait : l’embellie des prix ne suffit pas à relancer la collecte
Le recul de la collecte laitière est « encore plus fort » en ce début d’année 2023 malgré des prix « au plus haut », a souligné l’économiste Gérard You, lors de l’événement Grand Angle Lait organisé par l’Institut de l’élevage (Idele), le 5 avril.
Le recul de la collecte laitière est « encore plus fort » en ce début d’année 2023 malgré des prix « au plus haut », a souligné l’économiste Gérard You, lors de l’événement Grand Angle Lait organisé par l’Institut de l’élevage (Idele), le 5 avril.

La collecte affiche un recul de 1,4 % en janvier et février 2023 après une baisse de 0,7 % sur l’année 2022. Ce signal préoccupant interroge sur « la capacité de reprise » de la filière, note Gérard You. La production laitière française semble « insensible aux signaux de marché », contrairement aux autres pays européens où la collecte a été très réactive à la hausse des prix en 2022. À noter que la hausse du prix du lait a été plus modérée et tardive que chez nos voisins. En France, le prix du lait conventionnel a augmenté de 23 % (423 €/1 000 l en moyenne), contre + 47 % en Allemagne (512 €/1 000 l). Même si la hausse est inférieure au lait allemand ou irlandais, l’évolution du prix du lait « couvre largement » celle des charges pour le lait de plaine conventionnel, relève Yannick Péchuzal de l’Idele. À l’inverse, la marge est négative pour le lait bio, comme pour les laits AOP, très affectés par les conséquences de la sécheresse.
Les signaux positifs sur le marché conventionnel restent insuffisants pour relancer la collecte. La sécheresse et le manque de fourrages, ainsi que la décapitalisation qui s’est poursuivie et même amplifiée en 2022, ont lourdement handicapé la reprise de la production. Le cheptel laitier a reculé de 2,3 % l’année passée. « Le repli annuel n’a jamais été aussi sévère », souligne l’Idele dans son dossier annuel. La production laitière souffre toujours de « la concurrence d’autres productions dans les régions où il y a la possibilité de faire des cultures », indique Gérard You. En Vendée, par exemple, le déclin du cheptel dépasse 5 % sur l’année. Le département a vu disparaître 21 % de son cheptel laitier depuis 2014. •