La filature de lin mouillé, le chaînon manquant.
La coopérative Natup, soutenue par la Région, projette de créer une filature de lin mouillé sur la commune de Saint-Martin-du-Tilleul (27). Le projet devrait voir le jour en 2021.

En juin dernier, la coopérative agricole Natup annonçait la création d’une filature sur son site de Saint-Martin-du-Tilleul, à quelques encablures de Bernay. La filature aura pour vocation de produire 250 tonnes de fils par an. Les responsables du groupe normand souhaitent lancer la production dès septembre 2021 et commencer par sortir 50 tonnes. Cette filature, qui
« constitue le chaînon manquant d’une filière qui pourrait produire du lin 100 % tracé et “made in Normandie” pour l’habillement ». Rappelons que la Normandie compte 75 000 hectares de terres destinés à cette culture. Natup annonce un investissement de 4,5 millions d’euros pour ce projet et la création de 25 emplois sur le site. « Cette filature de lin mouillé sera une première européenne », souligne Jean-Charles Deschamps, président de la coopérative.
Une première en Europe
Hervé Morin, président de la région Normandie, a visité lundi 27 juillet la linière de Saint-Martin-du-Tilleul, en arrêt forcé à cause de la crise sanitaire du Covid-19. Il en a profité pour réaffirmer son soutien à la filière agricole normande et son engagement pour la relocalisation d’une filature de lin en Normandie. « Ce projet de filature, nous le soutenons. Il permet de relocaliser une partie de l’activité et de bâtir le chaînon manquant, souhaité depuis longtemps. Grâce à Natup, la boucle est enfin bouclée ». Depuis quatre ans et demi, la Région a alloué 327 millions d’euros à l’agriculture. « Nous sommes intervenus dans plus de 15 000 exploitations agricoles, soit près d’une sur deux. Nous voulons avoir une agriculture performante, compétitive. Nous avons gagné en autonomie », se réjouit Hervé Morin.
La linière euroise au cœur de la crise sanitaire
Les ateliers de Saint-Martin-du-Tilleul sont à l’arrêt, depuis plusieurs mois, à cause de la crise sanitaire mondiale.
« Nous vendons notre production en Asie (85 % en Inde, 14 % au Bangladesh). Malgré le déconfinement, les commandes asiatiques n’ont pas repris. Nous avons des produits finis, commandés, mais qui restent ici. L’Inde a reconfiné des quartiers, la Chine aussi… » Aujourd’hui, Jean-Charles Deschamps annonce réfléchir à un nouveau modèle de production « plus sécurisé » d’où découlerait des prix « moins variables ». La crise du Covid-19 aura touché l’ensemble des secteurs…