Graminées dans le colza : adopter la bonne stratégie
La pression du ray-grass et du vulpin augmente et les graminées deviennent une cible prioritaire dans les systèmes de culture. On constate localement le salissement significatif des céréales à paille à cause des conditions climatiques compliquées de l'automne dernier.
La pression du ray-grass et du vulpin augmente et les graminées deviennent une cible prioritaire dans les systèmes de culture. On constate localement le salissement significatif des céréales à paille à cause des conditions climatiques compliquées de l'automne dernier.

(essais de Terres Inovia).


(essais de Terres Inovia).


(essais de Terres Inovia).

Lutter contre le développement des graminées telles que le ray-grass ou le vulpin n'est pas toujours simple. La gestion du salissement passe par l'agronomie et le bon positionnement et usage et des herbicides.
Activer les leviers agronomiques
Les leviers agronomiques connus à l'échelle de la rotation doivent être activés. Ils sont incontournables. Dans les situations extrêmes, le recours à un labour d'opportunité n'est pas une aberration.
Réalisé avec rasettes, il présente l'avantage de remettre à un niveau plus acceptable le stock grainier concentré en surface. Les faux-semis, en interculture courte (avant blé) ou longue (en culture de printemps) sont efficaces et incontournables, surtout lorsque les levées conséquentes à cette pratique sont détruites au glyphosate. Un meilleur équilibre entre cultures de printemps et cultures d'hiver permet également de limiter le cercle vicieux de ces graminées.
Bien choisir et positionner l'herbicide de prélevée
Dans les situations où le ray-grass et le vulpin posent problème, la post-levée avec propyzamide (Kerb Flo, Ielo, etc.) est régulièrement insuffisante.
Les cas les plus fréquents sont ceux où l'application d'herbicides de prélevée fait défaut. Une application de présemis incorporé avec napropamide (Colzamid) ou de prélevée efficace est incontournable pour un programme optimal. Il faut rappeler que la napropamide, en présemis incorporé est certes contraignante mais reste de loin la solution la plus efficace contre le vulpin et le ray-grass.
Dans la gamme des herbicides de prélevée, seuls les produits à base de métazachlore, de dimétachlore, de dmta-P et de péthoxamide sont efficaces sur ray-grass. Attention, sur vulpin, ce sont les herbicides à base de métazachlore qui sont préférentiellement conseillés (Novall, Alabama, Rapsan TDI, Sultan, Bandoneon, etc.).
La postlevée précoce peut être défaillante contre le ray-grass. Les conditions sèches de fin d'été ont, ces dernières années, orienté les producteurs vers la post-levée précoce avec des produits de prélevée tels que Novall ou Alabama appliqués au stade rayonnant du colza (stade cotylédons) afin d'être sûr de rentabiliser l'investissement.
L'objectif est que l'herbicide soit en conditions plus favorables d'humidité.
Dans ce cas, la lutte contre les dicotylédones gagne en efficacité (sauf sur géranium). Mais la gestion des graminées peut faire défaut notamment sur ray-grass. Une importante partie des ray-grass lève au même moment que le colza. Or, l'herbicide racinaire n'agit qu'en prélevée de la mauvaise herbe (antigerminatif). C'est la raison pour laquelle la post-levée précoce manque d'efficacité et n'est pas conseillée contre le ray-grass. Le phénomène est différent en lutte contre le vulpin dont la majeure partie lève après le colza. Dans ce cas, une post-levée précoce avec un herbicide de prélevée conserve tout son potentiel.
Maintenir de bonnes conditions d'efficacité de la propyzamide
Tous les ans, des insatisfactions sur l'efficacité de la propyzamide sont signalées. La première question posée est celle de la résistance. Mais dans les faits, aucune population de vulpins ou de ray-grass résistants à la propyzamide n'a été découverte en grandes cultures en France. Les défauts d'efficacité s'expliquent le plus souvent par des populations plus nombreuses et plus développées au moment de l'application de la propyzamide en entrée d'hiver. Pour optimiser l'efficacité de la substance active, l'application doit se faire en conditions de sol humide et fraiches (température du sol inférieure à 10-12 °C) et suivi de pluies suffisantes (20 mm dans les 10 jours après application) sur les mois de novembre voire décembre au maximum ; et sur des adventices peu développées. La vigilance est d'éviter les applications avant des précipitations très importantes pour limiter l'impact sur la qualité de l'eau. Enfin, il faut être patient car l'efficacité de la propyzamide se juge 3 mois après l'application. Dans un souci règlementaire et de qualité des eaux, l'application unique est la règle de base.
Les antigraminées foliaires pour gérer les repousses de céréales
Ils sont principalement employés contre les repousses de céréales (en application précoce vers 2-4 feuilles du colza), brome ou folle-avoine et la plupart nécessite l'emploi d'un adjuvant. En application précoce et contre les repousses, la dose peut être modulée. Les adjuvants à base d'huile végétale sont les seuls conseillés (Mix-in, Actilandes, Actirob, Adenda...). L'utilisation de ces herbicides contre les ray-grass et les vulpins est souvent un échec en raison de phénomènes de résistances aux inhibiteurs de l'ACCase. La résistance aux herbicides à base de cléthodime (Centurion, Ogive VXT, Foly R, etc.) est moins fréquente, bien que le nombre de cas progresse. Le recours à ces herbicides, quand ils fonctionnent encore, doit être exceptionnel (rattrapage d'une prélevée défaillante) sinon la résistance va vite s'installer. Dans ce cas et pour réduire ce risque, appliquez ensuite un herbicide à base de propyzamide (type Kerb, Ielo, etc.).•