Audrey Bance et ses boers brayonnes
Éleveuse, naisseuse et engraisseuse, Audrey Bance développe son élevage de chèvres de race boer à Elbeuf-en-Bray. Rencontre.
Éleveuse, naisseuse et engraisseuse, Audrey Bance développe son élevage de chèvres de race boer à Elbeuf-en-Bray. Rencontre.







Apparue dans les années 1900 dans la Province du Cap oriental en Afrique du Sud, la chèvre boer est le résultat de croisements entre les chèvres locales d'Afrique du Sud et les races laitières importées d'Europe. Ses qualités bouchères sont reconnues dans de nombreux pays mais encore très peu en métropole. Elle est en revanche très connue dans les DOM-TOM. Elle a été introduite en 1976 sur l'île de la Réunion, où elle a été croisée avec des races locales pour développer des caractéristiques propres à cet environnement spécifique.
Une forte demande pour la reproduction
Audrey Bance en élève dans le pays de Bray. Son troupeau se compose de dix-sept mères et quatre boucs mais son objectif est de monter son cheptel à une trentaine de femelles car la demande en reproducteurs est très importante. La jeune femme s'est installée il y a quatre ans sur une petite exploitation de deux hectares à Elbeuf-en-Bray.
" C'est une race très docile, explique l'éleveuse. Elle n'aime ni la pluie ni les courants d'air, elle adore le soleil mais pas la chaleur. En Afrique du Sud, elles vivent dans les broussailles. Avec mon compagnon Nicolas, nous avons restauré et aménagé les bâtiments existants de cette petite ferme de façon à les adapter à cette race avec le bien-être animal comme objectif premier ".
Le bouc pèse entre 80 et 130 kg
Race bouchère, la chèvre boer est un animal bien en chair, au port droit et doté d'une bonne capacité de déplacement. Le bouc doit avoir une apparence masculine marquée, avec un arrière-train musclé. La femelle quant à elle, a un corps dont l'angle s'agrandit de l'avant vers l'arrière, témoignant d'une bonne capacité à porter les chevreaux. La chèvre boer se caractérise par un profil convexe, avec un nez busqué et large, des oreilles pendantes bien placées et des cornes en demi-lune. " L'idée c'est l'alignement du nez et des cornes en demi-lune. L'idéal est un demi-cercle le plus parfait et le plus fluide possible. Une femelle de trois ans fait entre 70 et 90 kg, un bouc pèse entre 80 et 130 kg ".
Les jeunes femelles restent dans le troupeau ou sont vendues à des éleveurs pour la reproduction. Les mâles qui répondent aux critères de conformité partent également à la reproduction. Les moins bons partent pour la boucherie, en vente directe aux particuliers.
Une race apte à la production de viande
Les animaux sont abattus à l'abattoir du Trait mais Audrey espère l'ouverture de l'abattoir de Forges-les-Eaux qui devrait recevoir la filière caprine. " Nous vendons aussi des mâles pour les éleveurs laitiers qui souhaitent améliorer la carcasse de leurs chevreaux. La viande n'est pas notre débouché principal mais nous allons travailler sur les qualités bouchères pour mieux valoriser les animaux qui ne partent pas pour la reproduction. Nous avons le projet de faire de la transformation en conserve et des plats cuisinés ".
Un schéma de sélection pilote a été mis en place au niveau de l'organisme Capgènes pour améliorer la production de viande grâce à l'évaluation des animaux et la connaissance de la valeur génétique des reproducteurs tout en conservant les qualités maternelles des animaux.
" La viande de chevreau est appréciée car elle est peu grasse. L'aliment principal reste l'herbe, et je complémente par de l'orge, du maïs et du colza. Mes deux hectares de pâtures sont conduits en pâturage tournant ".
Les naissances ont eu lieu en avril. Un chevreau fait entre 3 et 6 kg à la naissance. Le chevrotage nécessite une surveillance importante. " Cette année, les femelles partiront à la Martinique en octobre prochain. À ce jour, l'offre en femelles reste inférieure à la demande ".
Une association française
Les mères sont à nouveau en chaleur début août mais le bouc n'est mis dans le parc des femelles qu'en octobre. Les mères se reposent de leur période d'allaitement et reprennent de l'état. Pour le moment, la monte est naturelle mais la prochaine étape sera l'insémination naturelle puis ensuite la pose d'embryon.
Les échographies sont ensuite réalisées pour savoir combien la mère porte de chevreaux. Cela peut aller d'un à quatre. Il est donc important d'adapter l'alimentation à chaque mère.
Audrey a toujours été passionnée par les chèvres. Après la perte de ses deux alpines, Nicolas lui a offert une boer en cadeau et l'aventure a commencé ainsi. L'éleveuse est aujourd'hui adhérente de l'Association française de la chèvre boer (AFCB) dont l'objectif est la promotion de la race en France par la création, le contrôle et la tenue d'un registre spécifique. L'adhésion à cette association permet de faire juger ses animaux et d'améliorer la qualité de son élevage. Elle facilite les ventes et permet un partage des expériences.•