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Fauche précoce : un atout pour l’autonomie protéique

Dans un contexte de recherche d’autonomie protéique, récolter tôt est primordial. Cela permet de récolter une herbe jeune avec une teneur en protéines élevée mais aussi d’apporter de la lumière aux légumineuses qui vont se développer plus largement.

Après une fauche précoce, la repousse est très rapide !
© CA02

L’herbe de printemps se caractérise par une richesse en énergie et en azote (0,95 UF et 110 à 120 g PDI) et une teneur en cellulose faible et une digestibilité élevée. Le premier facteur de variation de cette qualité est le stade de récolte. Plus il sera proche d’un stade de pâturage, plus la valeur alimentaire sera importante.

Choisir le bon stade

Récolter tôt, c’est avant l’épiaison pour les graminées et une fin de bourgeonnement pour légumineuses. L’optimum est de récolter la graminée au stade épi 10 cm. Selon les espèces et les variétés, ce stade sera atteint à des dates différentes (voir schéma ci-dessous). Quant aux légumineuses, c’est l’apparition des premières fleurs qui doit déclencher la coupe.
Pour permettre d’anticiper les interventions, il est judicieux de se reporter aux sommes de températures. En effet, les plantes ont besoin de chaleur pour se développer et les degrés qu’elles emmagasinent correspondent à un stade physiologique précis. Ainsi, lorsque l’on atteint environ 700 à 750 °C de cumul de températures depuis le 1er février, il est temps de faucher pour de l’ensilage ou de l’enrubannage.

Des conditions de chantiers favorables

Mais le stade optimum de l’herbe n’est pas le seul critère à prendre en compte. Afin de favoriser l’ingestion, il faut aussi surveiller le taux de matière sèche : ni trop humide, ni trop sec !
Il faut minimiser le temps entre la fauche et la récolte, pour éviter la consommation de sucres et donc préserver les qualités de l’herbe. La valeur NDF (pour Neutral détergent fiber, en g/kg de MS), correspondant à la fibre totale, augmente au détriment de la valeur en sucres, faisant baisser la digestibilité du fourrage.
Visez 30 à 40 % de MS pour une valorisation optimale de la ration. Pour y parvenir, il faut faire attention. La fauche en andain réduit fortement la fraction d’herbe au contact des rayons du soleil, donc le temps de séchage est plus long.
À l’inverse un fourrage bien étalé séchera beaucoup plus vite par une respiration active de la plante, à condition bien évidemment que les conditions météo soient bonnes (hygrométrie faible, soleil et vent). En fauchant à plat, on peut espérer atteindre 35 % de MS en 48 h si le rendement est inférieur à 3,5 t de MS/ha.

Gérer le pâturage

La date de récolte est toujours un compromis entre rendement, qualité, météo et organisation du chantier ! Mais faucher tôt est aussi un levier important pour gérer ses parcelles de pâturage. En effet, lorsque les conditions n’ont pas permis de sortir les animaux tôt en fin d’hiver, le risque d’être débordé par la pousse de l’herbe est grand ; la consommation des animaux n’est pas assez rapide par rapport à la croissance de l’herbe.
En fauchant dès la mi-avril des parcelles du circuit de pâturage, on récolte peu de matière mais on n’entame pas non plus le potentiel de production annuel de la prairie. Ce fourrage très feuillu est d’une qualité alimentaire excellente ; à ce stade, la valeur énergétique frôle 1 UF et la matière azotée totale (MAT) peut parfois dépasser les 20 %. Mais surtout, la repousse est très rapide, ce qui permet aux animaux de bénéficier de ces surfaces au pâturage avec un stade physiologique idéal dans les 15 à 20 jours qui suivent. •

Quelques règles pour réussir sa récolte

- Maximiser la teneur en sucre pour assurer une bonne conservation : pour les graminées, le maximum de sucres solubles est atteint vers midi, pour les légumineuses vers la fin de l’après-midi.
- Limiter l’apport de terre en réglant la hauteur de coupe à 7 cm et en limitant le fanage.
- Obtenir une coupe franche en brins de 7-8 cm pour favoriser le tassage mais aussi pour préserver le potentiel d’ingestion du fourrage à l’auge.

 

 

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