Objectif des essais lin : la production de graines
Parmi les essais réalisés par Terre de Lin, la coopérative teste des pratiques culturales qui pourraient augmenter la production de graines. Visite de sa plateforme d'essais d'Ermenouville.
Parmi les essais réalisés par Terre de Lin, la coopérative teste des pratiques culturales qui pourraient augmenter la production de graines. Visite de sa plateforme d'essais d'Ermenouville.






Les liniculteurs adhérents de Terre de Lin se sont retrouvés mardi 25 juin sur la plateforme d'essais d'Ermenouville. Le mois de juin est le bon moment pour visiter les plateformes qui accueillent les différents travaux de recherche de la coopérative sur les questions variétales et agronomiques.
Terre de Lin a huit sites de plateforme d'essais, allant du nord de Dieppe au sud de l'Eure. Sur celle d'Ermenouville, quatre ateliers ont été présentés : la conduite mixte fibre et semence, le lin d'hiver conduit comme un lin de printemps, le biocontrôle pour lutter contre l'oïdium, les essais variétaux officiels en vue des inscriptions au catalogue officiel.
Cette année, les parcelles de lin sont prometteuses dans le département, les conditions climatiques ont été plutôt favorables et le lin a poussé tranquillement, sans stress.
Tester le rôle de la régulation
Sur l'essai production de semences, la coopérative a voulu travailler sur le rôle de la régulation. " L'objectif de ces essais est d'augmenter le potentiel production de graines. Aujourd'hui, c'est un enjeu important. Les stocks sont à zéro et les surfaces augmentent ", argumente Stéphane Vasselin, responsable du service agronomie chez Terre de Lin.
Le principe de l'essai est d'utiliser la régulation pour favoriser la production de graines en stressant la plante. Évidemment, appliquer la pleine dose homologuée (0,8 litre) de Caryx à 20-30 cm ne s'est jamais vu pour la conduite en lin textile mais dans l'essai, l'objectif est bien de produire de la graine. Toprex est également testé à 0,25 litre/ha pour voir si l'effet dose joue sur la production de capsules. Stéphane Vasselin rappelle que l'objectif de l'essai est de faire des lins courts pour produire de la semence, qui seront récoltés à la moissonneuse-batteuse. Il faut donc limiter la paille au maximum et tasser le lin. Mais attention, stresser le lin pour la production de semences peut avoir des revers car le stress favorise le développement de l'oïdium.
Si on revient sur la production de fibre, le Caryx est un produit intéressant, utilisé de façon précoce sur un lin très poussant, à 0,30-0,35 litre/ha. " Sur un lin qui fait déjà 1 mètre, l'application du régulateur est déjà trop tardive. Les hormones de croissance sont en baisse et la régulation est moins efficace. On dilue la matière active dans un volume de végétation plus important. Si le lin est chargé en feuilles et que la pluie est annoncée, je conseille une intervention de bonne heure avec Toprex à 0,03-0,05 litre sur un lin qui fait 45-50 cm. Ces régulateurs sont à utiliser quand la croissance est active ".
Lin d'hiver semé au printemps
Des essais ont été mis en place avec une variété de lin d'hiver, Dune, conduite comme un lin de printemps pour optimiser le rendement de graines.
Dune est la dernière inscription de Terre de Lin. Elle a été semée le 14 avril à basse densité (50 kg/ha, soit 830 pieds/m2) et l'itinéraire technique a été soigné pour optimiser le rendement graines. " Le lin d'hiver n'a pas besoin de vernalisation. On parle plutôt de résilience au froid. Dans les Hauts-de-France et la Belgique, dans 75 % des cas les lins ont gelé au 20 janvier et ont dû être retournés. La variété a donc été semée au printemps pour éviter le risque de gel ", explique Fabien Larcher, agent relation adhérents chez Terre de Lin.
Pour optimiser la production de semences, les apports ont été maximisés : 90 unités d'azote, désherbage de post-semis prélevée au Calliprime Extra (0,23 l/ha). En rattrapage un centurion à 0,5 avec un demi- litre d'huile, un Allié-Gratil (13 g de chaque). Quand on met exagérément de l'azote, on favorise la croissance et le stress. L'exposition aux maladies est donc plus importante. Pour éviter d'avoir trop d'oïdium, dès le 27 mai il y a eu un premier passage de soufre micronisé. Le 4 juin, double application JOAO-Score (0,35 l/ha de chaque). Le 12 juin, un complément de 100 litres de solution azotée a été ajouté pour arriver aux 90 unités prévues. Le 17 juin il y a eu 0,4 l/ha de JOAO pour emmener le lin le plus loin possible en maturité et bien remplir les capsules. Enfin une application de soufre-Score avec un petit insecticide vient d'être réalisée.
" Ce sont des programmes très chargés mais en 2023, cet itinéraire technique a permis, malgré le stress hydrique, d'avoir des rendements graines de 1 800 kg à l'hectare. C'est au détriment de la qualité des matières mais l'objectif est la production de graines ", conclut Fabien Larcher.•