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Moisson 2019, rendements et qualité au rendez-vous.

La moisson est terminée. Elle a été rapide, encore cette année. Au 5 août, 98 % des volumes étaient récoltés. L'Union agricole a rencontré Pierre Ouvry, directeur agriculture chez Natup pour dresser le bilan de la récolte en Seine-Maritime.

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Moisson à Bermonville.
© Stéphane Lecarpentier

 

Malgré beaucoup d'incertitudes fin juin, en raison de la canicule, les céréales à paille présentent de très bons rendements, en lien avec une fertilité des épis exceptionnelle.
Pour l'orge d'hiver, on parle de record en termes de rendement. La moyenne est de 92 q/ha en Seine-Maritime et 85 q dans l'Eure, avec cependant de grandes variations en fonction des secteurs, du précédent et des itinéraires techniques. Les conditions de récolte ont été excellentes et les PS sont bons, entre 67-68. En ce qui concerne la protéine, les taux sont en moyenne de 10,2-10,5 pour la variété Etincel. Ces valeurs devraient répondre aux besoins des brasseurs dans la majorité des cas.
Pour le blé tendre, tout le monde a été également vite rassuré par rapport à l'épisode de canicule qui n'a pas eu d'impact. 2019 fait partie des meilleures années avec des rendements supérieurs à 100 quintaux. La qualité est au rendez-vous. La plupart des volumes ont été rentrés secs, voire très secs, avec des conditions de travail difficiles pour tout le monde. L'enjeu sécurité était très important.
L'humidité moyenne est de 13,5, les poids spécifiques sont excellents avec une moyenne de 79. Les taux de protéines sont la bonne surprise avec une moyenne de 11,5.

De la qualité pour tous les débouchés
« Cette année démontre que rendement et protéine ne s'opposent pas. Les pratiques des agriculteurs ont changé. Ils utilisent de plus en plus les outils d'aide à la fertilisation qui leur permettent d'adapter leur itinéraire au regard de leur potentiel. Les agriculteurs ont compris les enjeux de ce pilotage ».
De plus en plus souvent, le blé est battu avant le colza qui déçoit cette année dans la région, mais également à l'échelle nationale. Cette culture a souffert des gelées tardives et de la canicule de juin. Les rendements moyens se situent entre 30 et 35 quintaux. Il y a cependant une grande hétérogénéité en fonction de la pression insectes et ravageurs. Cela varie de 45 à 25 quintaux.
A l'échelle de la coopérative, la collecte totale est de l'ordre de 25 % de plus que l'an dernier à la même époque, en raison des rendements plus élevés en céréales.  Les agriculteurs ont rempli leur bâtiment de stockage et ont livré le surplus.
« Pour Natup, l'outil Simarex est une aubaine car ce silo d'expédition permet cette année d'aller directement sur le portuaire. La marchandise française est attractive et compétitive face à des blés étrangers de qualités hétérogènes. Les bateaux chargent à Rouen et le silo repris par Natup est un gros atout. Le point noir sont les cours qui sont en légère baisse aujourd'hui. Mais nous devons être patients. La moisson est terminée et sont arrivés des épisodes pluvieux profitables aux éleveurs et aux producteurs de pommes de terre, de betterave et de lin. Pour le moment cela s'enchaîne plutôt bien ».o

Paroles de producteurs.

D'est en ouest du département, le retour des agriculteurs interrogés est unanime. La moisson 2019 est satisfaisante, tant en qualité qu'en quantité. Naturellement, il y a des disparités selon les territoires, les qualités de sols et les variétés.

A l'Est, dans le Pays de Bray et à Gournay- en-Bray précisément, Antoine Delafontaine rapporte que les « cultures en sol séchant ont souffert du manque d'eau en juin », un phénomène qui a tendance, regrette-il, « à se répéter ». Si Antoine Delafontaine qui stocke une grande partie de sa récolte a du mal à mettre des chiffres sur ses résultats, il considère cependant que les « rendements en céréales sont bons, alors que ceux du colza sont plus mitigés, variant ainsi du simple au double selon les sols, les dates de semis et les précédents ». Cette situation en colza est généralisable à l'ensemble du département d'ailleurs. La vraie source d'inquiétude concerne le maïs et plus largement les fourrages. Dans certains coins du Pays de Bray, les maïs sont « courts, avec des feuilles sèches voire grillées, sans grain » s'alarme Antoine Delafontaine qui juge que « le potentiel de rendement est très faible et laisse augurer des tensions sur le fourrage d'autant que l'herbe, à l'état de paillasson au plus fort de l'été, a du mal à repartir ».

Cédric Thibaudeau, agriculteur à Saint-Pierre-de-Varengeville fait le même constat pour certains maïs de la vallée de Seine, alors que la situation est « plus conforme à la moyenne sur le plateau ». En revanche, en grandes cultures, et en blé notamment, l'exploitation a connu « une année exceptionnelle, alors même que le coup de chaleur de juin à fait craindre au pire ». Plus à l'Ouest, à Oudalle, François Eudier évoque lui aussi « une belle et bonne moisson 2019. Les blés et les orges ont été au rendez-vous, à l'inverse du colza et notamment des plus précoces d'entre eux et des éruciques qui ont décroché ».

L'avenir dira si ce temps sec aura aussi des conséquences sur le lin et sur les pommes de terre. Si globalement donc, la moisson 2019 est un bon millésime, la vraie inconnue est maintenant le niveau des prix auxquels ces productions seront valorisées sur les marchés. Gageons que la qualité, au rendez-vous cette année, permettra aux grandes cultures du département de se démarquer auprès des acheteurs français et étrangers.o

Propos recueillis par Simon Huet

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